Couleurs

Publié le par laurent fournier

A jais, E crème, I vin, U jade, O cyan : couleurs,

Je dirai la saignée, ta naissance entrainée

   L’éclatante ivresse de nos charnelles démesures

      L’électron mâtiné d’émotion zinzoline

Je signerai ton cri primaire d’un coup de pinceau

J’enterrai les fronts studieux des verbeux

Sous nos océans prasins

Je te le dis intra-utérin

Uranus nous appartient

 

Tes fleuves sanguins gouacheront l’univers anthracite

L’amarante rivière de tes passions amantes

Finira dans le lie de nos souvenirs safran

 

Ensemble, nous perforerons la matière en lumière

Nous fissurerons l’atome byzantin

Jusqu’à la cuisse de nymphe

 

Au premier souffle

  Le Rubicon enseveli dans les replis de la chair-mère

     N’hésite pas, attente au sombre

Et

Crache l’arc en ciel que tu détiens,

Délave l’incertain à coup de boutoir

Déverse l’orpin de perse

Dans l’absinthe revêche

  Et éclate tout ça d’incarnat

 

Alors

Le monde diapré de tes humeurs vagabondes

Se diluera dans tes rêves flaves

Aux contours cérulés d’urgentes existences

L’ondée capucine sur le lin topaze de ta naissance

Propagera la toile bordée d’absolus mordorés

   De tes continents opalins

L’hémoglobine incérera l’Alpha laiteux dans l’Oméga platine

L’Oméga se taira dans les soubresauts fatals de tes aspirations

L’Alpha se terrera dans le plasma

 

Sous les assauts fauves de tes désirs éburnés

Les recoins fuligineux fuiront jusqu’aux terres de sienne

   Pour t’affranchir de liberté

L’horizon se franchira d’irisées enjambées

    Jusqu’à l’albâtre limite de Nos limites

Panachées en délires furibonds

Les absolues batailles aigues-marines

Se saigneront d’achromatiques envolées lyriques

Car

N’hésite pas attente au sombre

Laisse tomber la lettre pour le photon

Le bon ton est l’abandon

Laisse tomber ce qui doit choir

Choisit le plus court chemin

Celui qui te convient

Fait mal à tes maux

Noie-les en débordements

Réinvente les couleurs primaires

Délaye le soustractif de l’additif

   Soit multiplicatif

Finalise-toi dans l’exponentiel héliotrope

Et repeins le triste

D’une palette exubérante de couleurs

   De l’excès fait ta mesure.

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