Couleurs
A jais, E crème, I vin, U jade, O cyan : couleurs,
Je dirai la saignée, ta naissance entrainée
L’éclatante ivresse de nos charnelles démesures
L’électron mâtiné d’émotion zinzoline
Je signerai ton cri primaire d’un coup de pinceau
J’enterrai les fronts studieux des verbeux
Sous nos océans prasins
Je te le dis intra-utérin
Uranus nous appartient
Tes fleuves sanguins gouacheront l’univers anthracite
L’amarante rivière de tes passions amantes
Finira dans le lie de nos souvenirs safran
Ensemble, nous perforerons la matière en lumière
Nous fissurerons l’atome byzantin
Jusqu’à la cuisse de nymphe
Au premier souffle
Le Rubicon enseveli dans les replis de la chair-mère
N’hésite pas, attente au sombre
Et
Crache l’arc en ciel que tu détiens,
Délave l’incertain à coup de boutoir
Déverse l’orpin de perse
Dans l’absinthe revêche
Et éclate tout ça d’incarnat
Alors
Le monde diapré de tes humeurs vagabondes
Se diluera dans tes rêves flaves
Aux contours cérulés d’urgentes existences
L’ondée capucine sur le lin topaze de ta naissance
Propagera la toile bordée d’absolus mordorés
De tes continents opalins
L’hémoglobine incérera l’Alpha laiteux dans l’Oméga platine
L’Oméga se taira dans les soubresauts fatals de tes aspirations
L’Alpha se terrera dans le plasma
Sous les assauts fauves de tes désirs éburnés
Les recoins fuligineux fuiront jusqu’aux terres de sienne
Pour t’affranchir de liberté
L’horizon se franchira d’irisées enjambées
Jusqu’à l’albâtre limite de Nos limites
Panachées en délires furibonds
Les absolues batailles aigues-marines
Se saigneront d’achromatiques envolées lyriques
Car
N’hésite pas attente au sombre
Laisse tomber la lettre pour le photon
Le bon ton est l’abandon
Laisse tomber ce qui doit choir
Choisit le plus court chemin
Celui qui te convient
Fait mal à tes maux
Noie-les en débordements
Réinvente les couleurs primaires
Délaye le soustractif de l’additif
Soit multiplicatif
Finalise-toi dans l’exponentiel héliotrope
Et repeins le triste
D’une palette exubérante de couleurs
De l’excès fait ta mesure.