Entre ta joue et mes larmes

Publié le par laurent fournier

D’un mot trop élancé

Maladroitement jeté aux vents

Mauvais,

Sans avoir élimé de nuances

Mes pensées hargneuses

J’ai malmené un bout de toi

Rosâtré ta joue laiteuse

Chamarré ta peau fougueuse

Honteuse billevesée

 

Tes yeux perlés de rosée chagrine

Effilent ma bile

Dans les revers d’un espace élastique

Sur les rebords d’un temps fripon aux recoins incertains

Ta larme assassine

A sa cime fragile

Sème le gel comme le vide s’aspire

L’infime aspérité

Qui retient ce délicat état de la matière en équilibre précaire

Sur ta chair rendue fébrile

Contient l’immense espace

Entre Toi électron et Toi émotion

 

Ce mot couteau

Saigne à vif et au vermillon tes coteaux empourprés

D’où jaillit une flopée de maux

Dont la part de moi

Est l’égale part de mes errances

 

Je le reprends

Ce mot parjure

Je me le remets dans le fût

Le noie dans mes déboires

L’endors au creux de mes erreurs

 

Buvons nos peines

Injectons-les en doses formelles

D’un peu plus qu’il n’en faut

Car il faut vivre de trop

Pour vivre du juste qu’il faut

Prenons-nous au jeu

Des hauts et des bas

Du rien et du tout

Des va et vient

Incessants

Récurrents

Indécents

Enivrons-nous follement

Du grand manège

humanesque

 

Ton regard se brouille à mon regard

Ta silhouette se trouble

de trouble en trouble

Mon visage s’inonde

D’une larme

Puis d’une autre

Et d’une autre

En sors

Fatal et animal

Un cortège larmoyant

Pour te dire Pardon

Pour t’accompagner là où l’on ne peut qu’être seul

A deux

Entre ta joue et mes larmes

Beaucoup de nous

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article