Le vernis

Publié le par laurent fournier

Petite couche superficielle

Pour cacher l’essentiel

Cache misère

Du pauvre débris autoproclamé aéronef

 

Le bon con bien pourri

C’est lui

Le bonhomme au sceau

Le branleur au gros pot

Le pot du sot

Un bon récipient bien fourni en vernis

Ballant et ballot

Il en barbouille le monde

Collègue, amis, frères, sœurs, vivants et morts

Capable de retaper sa propre mère aux goûts du jour

Pas la trouille le gars

Les mirettes à zéro

Il s’en fout plein la gueule

On peut le dire qu’il est verni

Quel bol pour le gogol au pinceau

Qui sans vergogne pourrit autrui de son nocif produit

 

 

Mais le bon con sait se faire aussi dangereux qu’insipide

On touche le fond en grimpant au grenier

Car de peintre il s’auto promeut artiste

Ar-tis-te

Le vernis devient forme et couleur, toile et cadre

La lumière nait de sa main

Des petits poils tout rétrécis de son matériel bon marché

Mais le monde sait bien que tout vient du gros pot

Du truc qui le gène constamment pour bouger

Pour s’approcher

Pour parler juste

Juste pour converser

Impossible à poser le fardeau

Ce serait se tirer une balle dans la langue

Puis aller se pendre avec du fil à coudre

 

Le champion il surnage à grands coups d’efforts

Toujours la tête en surface

Des tasses pour réconfort

Les burnes réduites dans l’effort

Le faux trublion il moud

A longueur de journée

Du rouge, du bleu, du vert, du mélangé, du délayé, du fin, du mou et j’en trépasse

Mais tout en vernis

 

Les couches se superposent

Se montent les unes aux autres

Se pénètrent l’une à l’autre

Formidable partouze à la térébenthine

Pestilentielle odeur

Le cœur se fane

Desséché par la connerie

Ça chlingue fort

Ça empeste l’abrutie émérite

Ça pue d’enfer

On l’essuie à défaut de le suivre?

Un instant on le pense

Seulement un instant

Car très vite un autre pauvre type – ils sont toujours beaucoup - l’embraye

Disons …

Lui fourre un peu de sa bite

Jusqu’à foison

C'est-à-dire jusqu’au trognon

Histoire d’avancer l’histoire un peu plus vite que lentement

 

Et tout repars

De plus belle

Et en chantant

Car la merde bourrée dans le fignon

Aussi bizarre qu’écœurant ça puisse paraître

Lui pousse la voix à fond

 

Sagas en tuyau de poils

Le joyeux luron vire au violet

Et

 Finit par se confondre

A son vernis

On lui passe alors la main dans le dos

Par compassion

Pour réconcilier l’humanité au peu d’humanité du gars vocalisant

Vocalisé

Sursaut d’Omo-sapiens socialisé

Et ça colle

Notre bouffon familier scotche le mouvement

Le rend lent et rétractible

Même mourant

Il fait chier les éléments…

 

 

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