Le vernis
Petite couche superficielle
Pour cacher l’essentiel
Cache misère
Du pauvre débris autoproclamé aéronef
Le bon con bien pourri
C’est lui
Le bonhomme au sceau
Le branleur au gros pot
Le pot du sot
Un bon récipient bien fourni en vernis
Ballant et ballot
Il en barbouille le monde
Collègue, amis, frères, sœurs, vivants et morts
Capable de retaper sa propre mère aux goûts du jour
Pas la trouille le gars
Les mirettes à zéro
Il s’en fout plein la gueule
On peut le dire qu’il est verni
Quel bol pour le gogol au pinceau
Qui sans vergogne pourrit autrui de son nocif produit
Mais le bon con sait se faire aussi dangereux qu’insipide
On touche le fond en grimpant au grenier
Car de peintre il s’auto promeut artiste
Ar-tis-te
Le vernis devient forme et couleur, toile et cadre
La lumière nait de sa main
Des petits poils tout rétrécis de son matériel bon marché
Mais le monde sait bien que tout vient du gros pot
Du truc qui le gène constamment pour bouger
Pour s’approcher
Pour parler juste
Juste pour converser
Impossible à poser le fardeau
Ce serait se tirer une balle dans la langue
Puis aller se pendre avec du fil à coudre
Le champion il surnage à grands coups d’efforts
Toujours la tête en surface
Des tasses pour réconfort
Les burnes réduites dans l’effort
Le faux trublion il moud
A longueur de journée
Du rouge, du bleu, du vert, du mélangé, du délayé, du fin, du mou et j’en trépasse
Mais tout en vernis
Les couches se superposent
Se montent les unes aux autres
Se pénètrent l’une à l’autre
Formidable partouze à la térébenthine
Pestilentielle odeur
Le cœur se fane
Desséché par la connerie
Ça chlingue fort
Ça empeste l’abrutie émérite
Ça pue d’enfer
On l’essuie à défaut de le suivre?
Un instant on le pense
Seulement un instant
Car très vite un autre pauvre type – ils sont toujours beaucoup - l’embraye
Disons …
Lui fourre un peu de sa bite
Jusqu’à foison
C'est-à-dire jusqu’au trognon
Histoire d’avancer l’histoire un peu plus vite que lentement
Et tout repars
De plus belle
Et en chantant
Car la merde bourrée dans le fignon
Aussi bizarre qu’écœurant ça puisse paraître
Lui pousse la voix à fond
Sagas en tuyau de poils
Le joyeux luron vire au violet
Et
Finit par se confondre
A son vernis
On lui passe alors la main dans le dos
Par compassion
Pour réconcilier l’humanité au peu d’humanité du gars vocalisant
Vocalisé
Sursaut d’Omo-sapiens socialisé
Et ça colle
Notre bouffon familier scotche le mouvement
Le rend lent et rétractible
Même mourant
Il fait chier les éléments…