Le maillon

Publié le par laurent fournier

Le maillon.

Qu’il soit fort, qu’il soit faible,

Inlassable lien, tenace liant, gardien téméraire,

Entre tenant, aboutissement,

Entre tenu, et soutenu,

Quelque soit le maillon,

Même tension,

Etrangement égal,

Férocement frugal,

Transfert mathématiques,

Egalité déconcertante,

Juste répartition de l’effort –dans l’effort-

 

Que vienne à céder l’un

Pour que le tout sombre au lointain,

Pas d’unité sans L’unité,

Pas d’unité Dans l’unité,

Le tout pour le tout,

Jusqu’au bout,

Autour du cou …

Chaque maillon diffère, s’enferre,

Non de sa tension,

Non par sa position,

Bien qu’avoir le poids face à soi puisse être signe de bon-aloie –

Non, ou plutôt oui, chaque maillon diffère …

Sans faire,

C’est la proportion de non-action

Qui fait la différence et … la souffrance !

Cette réserve qu’on a en soi,

Morte aux regards,

Fait du poids un simple fait … ou nous défait,

 

Cette quantité absente donne le ton

A la masse sa densité,

Aux poids son envergure,

Injure profonde de croire en la fraternité lestée,

C’est au-delà de la matière, dans la goutte altière,

Que se situe le geste, l’investissement réel,

 

Cette fumeuse idée d’égalité

Peste l’odeur du maillon fort,

 

Faire croire

Pour ne pas choir,

 

Rester calé, les fesses au chaud, la tête en fête,

Dans cette chaîne,

Où beaucoup souffrent,

Pour tenir tous.

Propagande outrageuse du maillon fort,

Qui sait très bien qu’il ne tient rien,

Ou tout du moins que si lui tient,

C’est sous couvert que l’autre tienne.

 

Loi sans visage

Où l’écrasé l’est lèse-majesté,

Où l’écorché fait de sa peau un cri muet.

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